Une vieille rue de Québec après une tempête de neige.

Ruelle enneigée de la ville de Québec février 2020
Ruelle enneigée de la ville de Québec février 2020

La photographie en hiver réserve de belles surprises lors des journées de tempête de neige. La scène ci-dessus a été captée le 27 février 2020, une journée où la ville de Québec recevait entre 30 et 35 centimètres de neige.

Cette petite rue de la ville de Québec possède encore ses vieux poteaux crochis d’où pendent une multitude de fils électriques. Dans beaucoup de nouveaux quartiers, les fils sont maintenant enfouis et les lampadaires ne sont plus faits de bois.  

La composition photographique n’a pas demandé beaucoup d’efforts, car tout m’attirait dans cette scène hivernale traditionnelle : les gens, la lumière diffuse de fin de journée, l’horizon obscurci par la neige, les clochers en arrière-plan, l’architecture traditionnelle des bâtiments serrés les uns contre les autres, les autos enfouies sous la neige.

En ce qui concerne les gens, il n’y avait que la personne pelletant devant son entrée au moment où j’ai pris une première photo. Puis très loin, j’ai aperçu une personne qui se rapprochait. Il a fallu attendre quelques minutes pour qu’elle soit suffisamment proche et que je réalise qu’il s’agissait d’un homme promenant son chien. J’ai pris la photo quand il a été suffisamment visible, mais avant qu’il ne soit à la hauteur de la dame.

La scène a été captée avec un appareil-photo DSLR plein format Canon 5DSr. Un logiciel de traitement d’image a ensuite été utilisé pour peaufiner le résultat final.

Le Livre Microfictions 2018 de Régis Jauffret.

Microfictions 2018 par Régis Jauffret.
Microfictions 2018 par Régis Jauffret.

Ce roman Microfictions 2018 de Régis Jauffret rassemble des centaines de nouvelles faisant toutes environ une page et demie, pour un total de 1024 pages.

Microfictions 2018 a gagné le Goncourt 2018 de la nouvelle.

J’ai acheté le livre sur recommandation de la revue “Le Libraire”. Je ne m’attendais cependant pas à trouver des nouvelles de ce genre. J’ai persisté dans la lecture pour découvrir progressivement un auteur hors-normes. Les tournures de phrases, la capacité de synthèse et le vocabulaire méritent vraiment une lecture attentive. Les propos peuvent cependant être dérangeants pour certaines personnes.

Les nouvelles sont souvent percutantes et portent entre autres sur : la détresse, le suicide, la violence conjugale, la maltraitance, les problèmes sexuels, le harcèlement, le vieillissement, la maladie mentale, les écarts de richesse, la folie, l’exclusion sociale, etc.

Régis Jauffret a choisi d’y inclure une bonne dose d’humour noir, et même très noir parfois, pour équilibrer le propos et parfois passer un message.

J’ai choisi quelques citations, à travers les 1000 pages de texte, pour donner une idée du style de l’auteur :

 « La réceptionniste m’a tendu la clé avec tellement de haine dans le regard qu’il me semblait la voir suinter au coin des yeux ». P.53

« Je n’en pouvais déjà plus de cette soirée dont nous étions en train de grimper les premiers kilomètres ». p.58

« À notre époque flaccide, un cadeau doit réveiller son bénéficiaire comme une raclée ». P.75

« Je n’aimais pas assez les enfants pour rater mon existence à cause d’eux ». P.101

« Ma mère n’est pas morte, mais elle a le regard vague depuis son attaque et à chaque fois que je la vois je ne peux m’empêcher de fixer longuement ses mollets en me demandant lequel de ses pieds a déjà disparu dans la tombe ». P.133

« Il m’est arrivé de me demander si je me jetterais un jour à corps perdu dans l’existence ». P.180

« Fonder une famille reviendrait à jeter mes gamètes dans un utérus comme une paire de dés dans un cornet. Je préfère thésauriser plutôt que de risquer un mauvais placement ». P.180

« […] des militaires traînant des pieds pour mener une guerre métaphysique contre l’armée d’anges déchus que Lucifer jette sur les vierges afin de capturer leurs hymens dont il nourrit ses enfants qui rissolent de jour comme de nuit sur leur lit chauffé à blanc dans la maison flambante où il vit en bourgeois dans la haine du Christ ». P.185

« Nous l’avions envoyé en colonie de vacances. Par prudence nous avions choisi un organisme laïc. Il n’en avait pas moins été abusé par un moniteur et il nous était revenu libidineux comme une chatte en chaleur, se dandinant, se frottant aux meubles, s’enroulant autour des jambes des invités en minaudant ». P.197

« Les filles ont accepté d’appeler maman la mère de substitution dont je me suis amouraché pour tirer avec moi la charrette du quotidien ». P.208

« À huit ans il sait déjà compter jusqu’à l’infini. Je dois l’obliger à reprendre son souffle sinon il s’étouffera en essayant d’atteindre en apnée le dernier des nombres ». P.213

« Non, je ne critique pas nos enfants. Ils sont polis, polyglottes, ouverts aux nouvelles technologies. Nous les avons si bien élevés qu’ils sont ennuyeux comme des caniches de concours ». P.238

« Il ne me pardonnera jamais de l’avoir surpris emboîté dans un jeune homme ». P.253

« La transplantation sera réalisée par un robot assez intelligent pour se contenter d’un déficient mental en fait de chef de service ». P.283

« Il a su autrefois lire et écrire son nom, mais par paresse il préfère à présent laisser son empreinte ADN en crachant sur les documents administratifs plutôt que de les signer ». P.345

« J’ai plus honte de toi encore que de mes hémorroïdes. Du reste avec ton mari et tes gosses vous leur ressemblez comme deux gouttes d’eau. La différence c’est que vous n’êtes pas opérables et qu’on ne peut pas davantage adopter un trou-du-cul que l’abandonner au bord d’une autoroute comme un chien dont on ne veut pas s’encombrer pendant les vacances. Je regretterai toujours de ne pas t’avoir portée dès ta naissance aux enfants trouvés. Tu aurais fait le malheur d’une autre pendant que j’aurais élevé Laurent avec autant de fierté que Marie a torché Jésus. » p.364

« Elle est réapparue scintillante de haine » p.439

« Le ciel rose pommelé de nuages ressemblait à une photo de maladie de peau. » p.451

« Nos filles sont maintenant adultes, intelligentes, resplendissantes, exaspérantes de perfection ». p. 453

« Elle avait des parents catholiques aux yeux noirs et durs comme les clous de la croix du Christ ». P.455

« Même si vous avez tous les deux plus de quatre-vingts ans, ce n’est pas une raison pour refuser d’évoluer ». p.471

« Un garçon aussi terne que notre Carole avec son intelligence basique sans aucun accessoire ni enjoliveur ni option d’aucune sorte. Ils auraient formé un couple insipide qui aurait mis au monde des êtres appartenant comme eux à la grosse cavalerie de l’humanité. » P.482

« Celui qui survivra à l’autre décédera en essayant d’attraper la main tiède de l’infirmière affamée qui se dérobera pour aller terminer sa barquette de hachis Parmentier à la cantine » p.487

« […] cet endroit où j’ai effectué mon enfance avec autant de joie qu’une peine de prison. » p.515

« Quand vous êtes né dans un sale état, si vous voulez jouer les Roméo vous avez intérêt à être un génie du piano ou un cerveau assez hypertrophié pour découvrir chaque matin un nouveau cousin au boson de Higgs ». P.524

« Son corps décapité était resté devant le comptoir des hors-d’œuvre ». p.560

« Elle se ressemblait, même si son visage froissé aurait mérité un coup de fer. » p.576

 « La terre est un lieu de passage, une rue, un boulevard, une place publique dont on a depuis longtemps arraché les bancs et lubrifié le bitume afin d’assurer aux humains une meilleure glisse vers le crématorium ». P.591

« Je portais un appareil d’orthodontie posé à l’œil par une organisation de dentistes chrétiens qui donnait à mon sourire des airs de clôture électrifiée ». P.609

« La solitude fait un bruit de frigo qui se déclenche régulièrement toutes les vingt minutes […] » P.655

 « Né de parents communistes assez cruels pour aller chaque année en pèlerinage sur les lieux des anciens goulags, assez cons pour se suicider en 2007 le jour anniversaire de la mort de Staline […] » P.671

« Je suis entrée dans la police par goût de la répression » P.683

« Ta voix était indécrottable. Un larynx aussi encombré qu’un intestin grêle dont aucun phoniatre ne viendrait jamais à bout. Nous qui espérions faire de toi un artiste lyrique pour dissimuler ta médiocrité intellectuelle derrière les contre-ut et les trilles ». P.715

« À dix-sept ans notre aîné a révolutionné le monde des mathématiques en inventant un onzième chiffre […] » p.722

 « Je vais entamer bientôt des pourparlers avec mon décès. Il a beau faire preuve de la plus grande discrétion, comme tout le monde il est avide d’exister. » P.832

« Encore sa manie végétarienne de servir de la laitue fatiguée mêlée de tomates molles, d’œufs durs au goût de vomi avec une guirlande lumineuse qui clignote au fond du plat pour donner un air de fête à ce fatras ». P.840

« J’ai suivi l’enterrement de mon père à la fosse commune avec les gens du village sous l’objectif d’une chaîne de télévision locale à l’équipe nonchalante qui semblait accompagner le cortège par désœuvrement. » P.850

« La géométrie ne peut pas servir continuellement d’excuse à un enseignant pour humilier un être humain ». p.893

« On peut avoir une opinion différente sans organiser une fatwa contre les élèves qui comme moi se rebellent contre sa conception fondamentaliste des maths ». P.893

« Elle a intégré dès la semaine suivante un pensionnat clos de murs dans le Vercors pour méditer sur les vertus de l’abnégation dont ont fait preuve son arrière-grand-père et bien d’autres antisémites chrétiens au nom de la haine du Boche en s’engageant dans la résistance au mépris de leurs convictions raciales ». P. 901

« Les habitants d’un endroit pareil ne valent pas plus cher que son climat. Dans le coin aucune famille sans son meurtrier, son voleur, son auteur de crime sexuel dont à chaque réveillon un pervers oncle saoul raconte avec envie la carrière » p.959

« Elle allait rater sa licence, un diplôme certes médiocre, mais qui lui manquerait le jour où elle serait en panne de papier de toilette ». P.965

« Quand je suis enfin couché je me dis que j’aurais mieux fait de naître sous forme de foule pour n’être pas seul à supporter ma vie navrante ». P976

Voilà! Bonne lecture!

https://www.lepoint.fr/livres/regis-jauffret-l-acte-sexuel-est-devenu-une-performance-14-01-2018-2186484_37.php

https://www.ledevoir.com/lire/522252/regis-jauffret-et-ses-500-fragments-de-vie-et-d-insanite

http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien.-Regis-Jauffret.-Microfictions-2018

La photographie à l’hiver 2020 dans le Vieux-Québec (4)

Tempête de neige du 7 février 2020 à la Place d'Youville dans la ville de Québec.
Tempête de neige du 7 février 2020 à la Place d’Youville dans la ville de Québec.

La photo ci-dessus représente Place d’Youville, dans la ville de Québec, lors de la tempête de neige du 7 février 2020.

La photo originale en couleurs ne montrait pratiquement qu’un voile blanc généralisé. Le traitement en photo en noir et blanc aide à accentuer les effets de la poudrerie dans cette scène hivernale. La transformation en noir et blanc est une technique de photographie très utile lorsqu’il s’agit de valoriser des éléments difficiles à détecter.

Le rehaussement subséquent au moyen d’un logiciel de traitement de l’image a également permis de mettre en valeur des éléments autrement secondaires.

Entre le banc de neige  au premier plan et les bâtiments de droite, les voitures avancent péniblement sur ce qui est encore visible de cette entrée vers le Vieux-Québec.

La rue St-Louis et le restaurant La Bûche dans le Vieux-Québec.
La rue St-Louis et le restaurant La Bûche dans le Vieux-Québec.

La scène ci-dessus montre la rue St-Louis à moitié bloquée par la neige. En ce vendredi soir, le carnaval de Québec vient de commencer. Cependant, tous ne sont pas en train de fêter. Le conducteur de la souffleuse à neige, à l’arrière-plan, est immobilisé. Les camions dans lesquels il soufflerait normalement la neige ont pris du retard.

Au premier plan, le restaurant La Bûche. J’y suis allé à quelques reprises depuis son ouverture. Toujours les mêmes excellentes recettes, un service impeccable et un kilo en trop après le repas. Un très bon restaurant de Québec, près du Château Frontenac. Et pour ceux que cela intéresse, ce qui se passe dans la cuisine est visible pour une partie des clients. (Non je ne suis pas payé pour cette publicité!)

Un cycliste circule sur un trottoir du Vieux-Québec durant la tempête de neige du 7 février 2020.
Un cycliste circule sur un trottoir du Vieux-Québec durant la tempête de neige du 7 février 2020.

Pour les plus courageux, le cyclisme hivernal constitue une façon alternative de progresser dans la météo extrême. La visibilité réduite force le cycliste ci-dessus à utiliser le trottoir pour sa propre protection. Cependant, gare à la descente des trottoirs au coin des rues où se trouvent souvent des plaques glacées. Étant souvent dans le Vieux-Québec pour faire de la photographie de nuit comme de jour, j’ai témoigné de pirouettes spectaculaires qui rendraient jaloux les acrobates élastiques du Cirque du Soleil.

Les photos ont été prises avec un appareil-photo plein format Canon 5DSr.

La photographie à l’hiver 2020 dans le Vieux-Québec (3)

Place d'Youville sous la neige modérée. Vue de la Porte St-Jean, hiver 2020.
Place d’Youville sous la neige modérée. Vue de la Porte St-Jean, hiver 2020.

La technique de photographie adoptée ci-dessus utilise le cadre offert par la porte St-Jean pour cadrer la photo principale montrant Place d’Youville et ses bâtiments au moment où tombent de fortes chutes de neige.

Cette photographie de nuit en hiver représente plusieurs défis, dont la nécessité de montrer les flocons de neige tombant devant les phares des voitures en mouvement tout en respectant la luminosité naturelle des bâtiments en arrière-plan.

Les deux piétons déambulant sur la rue St-Jean ajoutent une touche humaine et de la profondeur à la scène.

La photo ci-dessous représente une partie du Pub St-Patrick avec quelques-unes de ses décorations de Noël lors de la tempête de neige du 7 février 2020. Le Vieux-Québec regorge de bâtiments décorés longtemps après la période des Fêtes.

Piéton devant le Pub St-Patrick dans le Vieux-Québec, hiver 2020
Piéton devant le Pub St-Patrick dans le Vieux-Québec, hiver 2020

La photo a été prise juste avant la tombée de la nuit, car la lumière y est alors particulièrement douce. J’ai attendu le passage d’une rare piétonne pour ajouter un peu d’humanité à la scène.

 La composition photographique tient compte des deux lignes diagonales qui partent des coins supérieur et inférieur gauches et se rejoignent du côté droit de la photo, à peu près en son centre.

La lumière diffuse provenant d’un lampadaire situé à droite et hors du cadre de la photo ajoute un peu de chaleur à cette scène hivernale.

Les photos ont été prises avec un appareil-photo plein format Canon 5DSr.

https://www.bhphotovideo.com/c/product/1119027-REG/canon_0582c002_eos_5ds_r_dslr.html

 

La photographie à l’hiver 2020 dans le Vieux-Québec (2)

Ruelle du Vieux-Québec hiver 2020
Ruelle du Vieux-Québec hiver 2020

Les quelques décorations de Noël encore restantes dans le Vieux-Québec agrémentent la scène hivernale de cette journée de tempête de neige du 7 février 2020. La composition photographique est facilitée par la présence de plusieurs éléments offrant de l’intérêt : la couleur des lumières du sapin et son reflet sur la neige, les lampadaires jaunâtres en série, les personnages au fond de la scène, la fumée s’échappant d’un côté du bâtiment et l’heure bleue, cette période magique de la journée où l’on voit encore la couleur du ciel quelques minutes avant la nuit.

Tempête de neige dans le Vieux-Québec en 2020
Tempête de neige dans le Vieux-Québec en 2020

La photo en noir et blanc ci-dessus a reçu un traitement infrarouge. De cette façon, les personnages passant devant les phares de la voiture sont bien visibles, tout en permettant également de bien distinguer les objets environnants. La photographie de nuit avec des personnages en mouvement et des contrastes lumineux aussi dramatiques exige un ISO plus élevé si on ne veut pas laisser de côté des objets qui présenteraient un intérêt pour la composition photographique.

Malgré tout, les phares de la voiture causent des erreurs de lecture de l’appareil-photo qui interprète mal la luminosité moyenne de la scène. Sans traitement numérique de l’image, les bâtiments environnants seraient tous extrêmement foncés. L’utilisation de l’infrarouge règle une partie du problème.

Les photos ont été prises avec un Canon 5DSr.

La photographie à l’hiver 2020 dans le Vieux-Québec (1)

Le Vieux-Québec durant la tempête de février 2020
Le Vieux-Québec durant la tempête de février 2020

Un projet de photographie en hiver peut consister à planifier une session photo lors d’une bonne grosse tempête de neige. Les prochains quelques articles ayant trait à la photographie concerneront la tempête de neige qui a eu lieu le 7 février 2020 à Québec.

La photo ci-dessus a été prise près de Côte de la Fabrique, dans le Vieux-Québec, après la tempête du 7 février 2020 qui a laissé 35 centimètres de neige. J’ai privilégié le traitement de la photo en noir et blanc car, pour cette scène de tempête de neige, les couleurs n’ajoutaient rien de significatif allant même jusqu’à distraire le spectateur.

La technique de photographie du noir et blanc oppose ici très bien les formes sombres et claires. La piétonne et les phares de véhicules ressortent beaucoup mieux et l’effet de poudrerie près des bâtiments se distingue davantage.

Déneigement retardé dans le Vieux-Québec.
Déneigement retardé dans le Vieux-Québec.

Les marées contribuent parfois au ralentissement du déneigement après une tempête de neige dans le secteur de la haute-ville du Vieux-Québec. Difficile à croire quand on connaît la hauteur du Cap Diamant par rapport au fleuve…!

Si la tempête se produit au moment de fortes marées, il y peut y avoir débordement du fleuve St-Laurent sur certaines sections de l’autoroute en basse-ville. Les camions chargés de ramasser la neige doivent alors effectuer un long détour qui les ramènent dans des secteurs déjà affectés par la congestion automobile et où les limites de vitesse sont considérablement moindres.

Pendant que la souffleuse est sur place et prête à dégager les rues du Vieux-Québec, les camions se font attendre… (À suivre).

Un monde sans rivage.

Un monde sans rivage.
Un monde sans rivage.

Il s’agit d’une histoire vécue dans l’environnement arctique. En 1897, trois aventuriers utilisent une montgolfière dans le but d’atteindre le pôle Nord. Ils disparaissent et on retrouve leur trace en 1930 sur l’île Blanche, la plus reculée de l’archipel du Svalbard. Le pire, c’est que le responsable de l’expédition connaissait déjà, avant le départ, les faiblesses de cette montgolfière composée de multiples pièces : « […] Le ballon, si majestueux, mais si fragile, perdait son souffle contre sa main » p.236

Voici quelques passages du roman qui permettent d’imaginer la mauvaise gestion du risque et la naïveté des aventuriers face aux conditions météorologiques extrêmes que peut représenter un voyage dans un monde de froid et de glace :

« Dans cette région dont on connaît mal le climat, Andrée pensait qu’en été, un soleil radieux ne cessait de briller. Il ne brille pas. Et la brume tombe. Le ballon s’alourdit. D’un coup, c’est la panique […] » p. 95

« Les voilà, tous les trois, moins chaudement vêtus que le moindre touriste à l’assaut de la moindre petite montagne […] » p. 128

« Bientôt, ils se drogueront à la morphine, à l’opium, pour soulager diarrhées, crampes et douleurs, pour calmer la toux alors qu’ils croyaient qu’aucun microbe ne survivait ici, dans la glace» p. 138

« Mais ils n’avancent pas, ils reculent. En plus d’être un désert, en plus d’être glacé, le lieu qu’ils arpentent a la capacité de se mouvoir. Ce n’est pas une terre ferme, mais un agglomérat de forme qui sans cesse se déplacent […], les conduisant le plus souvent dans la direction opposée à celle qu’ils voudraient prendre » p. 212

« Leur réchaud à pétrole donne des signes de faiblesse. Il s’allume, s’éteint, sans cesse. Personne n’a pensé à prendre des pièces de rechange. Sans oser se le dire peut-être, ils craignent de n’avoir bientôt plus aucune flamme pour réchauffer leur nuit » p. 252

La première chose dont il faut être conscient à l’achat de ce livre, c’est qu’il s’agit d’un roman. Étant donné qu’il existe peu d’informations concrètes sur ce vol en ballon, un fort pourcentage du livre consiste à imaginer, de la façon la plus réaliste possible, ce qu’ont pu vivre les trois aérostiers. Hélène Gaudy a cependant effectué beaucoup de recherches et a eu accès à des photographies et un journal de bord pour rédiger son roman. Il n’y a pas de photographies incluses dans le livre. La photo en page couverture est le seul élément visuel pour situer le lecteur. Cependant de nombreuses photos de l’expédition peuvent être trouvées sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_polaire_de_S._A._Andr%C3%A9e

Bonne lecture!

Titre : Un monde sans rivage

Auteure : Hélène Gaudy

Éditions : Actes Sud       

© 2019

ISBN : 978-2-330-12494-6

Fraude internet sur le site Ulicense

N’utilisez pas le site internet « Ulicense.online » pour commander des produits en ligne. Il s’agit d’un site frauduleux qui donne toute l’apparence d’être légitime. L’apparence du site est soignée et donne une impression de professionnalisme. J’ai donc commandé un produit Microsoft, pensant qu’ils avaient l’autorisation de vendre ce produit. La clé d’activation ne fonctionne pas et il n’y a aucun moyen de rejoindre qui que ce soit, peu importe la méthode. Je cherchais de l’aide pour le produit et ce fût le vide le plus complet.

J’ai par la suite visité le site « trustpilot.com » pour voir ce qu’en pensent les usagers et ai trouvé beaucoup de plaintes récentes mentionnant également que Ulicense est un scam. Passez le message à vos proches pour leur éviter de faire la même erreur que moi.

Le pétrolier Nave Equinox devant Lévis.

Le pétrolier Nave Equinox avec Lévis en arrière-plan.
Le pétrolier Nave Equinox avec Lévis en arrière-plan.

La semaine dernière, il n’y avait pratiquement pas de glace sur le fleuve St-Laurent près de Québec. Depuis le début de l’hiver, des températures très douces avaient permis aux navires d’emprunter le St-Laurent sans rencontrer le moindre obstacle. Depuis une semaine cependant, des températures plus saisonnières, dont certaines journées entre  -15C et -22C ont changé l’apparence de la voie maritime.

La photo ci-dessus représente le pétrolier/chimiquier Nave Equinox, un navire construit en 2007, en approche pour Québec. Bien qu’à -15C, la journée était tout de même idéale pour la photo, car le couvert nuageux était fragmenté, laissant passer ici et là la lumière diffuse du soleil de janvier.

La photo a été prise à partir de la terrasse Dufferin, près du Château Frontenac. Le navire était passablement éloigné et un recadrage important a été appliqué pour rapprocher le vaisseau. La photo a été prise à main levée et la netteté de l’image a été conservée en utilisant une vitesse d’obturation très rapide, soit 1/8000 sec. Il y avait donc moins de chances que des vibrations altèrent la photo.

L’appareil-photo utilisé était un Canon 5DSr muni d’un objectif Canon EF 85mm f/1,2L II USM. Un capteur de 50,6 mégapixels limitait la pixellisation de l’image lors du grossissement.

Les maîtres de l’air.

Il s’agit du livre qui a inspiré la nouvelle série de Tom Hanks et Steven Spielberg. « Les maîtres de l’air » est un livre de près de 700 pages dont le contenu est absolument fascinant. Très bien documenté, il raconte l’histoire des jeunes bombardiers américains qui ont fait partie de la 8e Air Force américaine ayant combattu l’Allemagne nazie. L’impact de l’arrivée de tous ces équipages et avions sur le sol britannique est décrit en détail…

Le lecteur constate combien d’équipages de bombardiers sont morts inutilement du fait que le commandement aérien croyait qu’une flotte de bombardiers B-17 pouvait effectuer des bombardements sans avoir besoin d’escorte pour assurer sa défense. On comprend mieux l’importance de l’arrivée des avions de chasse Mustang sur la sécurité des opérations.

Les stratégies d’attaque, de défense et les idées préconçues quant aux meilleurs types de bombardements y sont discutées en détail, très souvent en citant les acteurs de l’époque. Les choix des cibles, de même que les manquements importants dans le renseignement sont analysés.

J’ai cité quelques passages, au fur et à mesure de la lecture, pour vous donner une idée de l’intensité des propos :

Les maîtres de l'air page couverture
Les maîtres de l’air page couverture

« Les mitrailleurs de tourelle centrale, forcés d’y rester pendant des heures au-dessus du territoire ennemi, urinaient dans leurs vêtements; leur dos, leurs fesses et leurs cuisses gelaient « si violemment que les muscles se détachaient et mettaient les os à nu » » p.131

« Un agent du renseignement britannique a estimé que pour chaque aviateur abattu qu’on parvenait à évacuer [du territoire ennemi], un membre [des réseaux clandestins], français, belge ou néerlandais, était tué ou mourait sous la torture » p.141

« Alors que Rooney et quelques autres journalistes attendaient devant une tour de contrôle le retour d’une escadrille de bombardiers, la rumeur se répandit qu’un mitrailleur de tourelle ventrale était coincé dans sa bulle de plastique, sous l’appareil. « Le mécanisme, qui faisait tourner la bulle pour mettre le mitrailleur en position de tir ou le ramener à la position qui lui permettait de sortir et de remonter dans l’appareil, avait été touché et s’était bloqué. Le mitrailleur de tourelle ventrale était enfermé dans une cage en plastique. »

                Juste avant l’atterrissage, le système hydraulique de la Forteresse [B-17], criblé de balles, a mal fonctionné, empêchant le pilote de sortir le train d’atterrissage. La commande manuelle du train d’atterrissage avait été détruite. Il allait devoir atterrir sur le ventre. « Il y eut huit minutes de discussions déchirantes entre la tour de contrôle, le pilote et l’homme piégé dans la tourelle ventrale. Il savait ce qui touche le sol en premier lorsqu’il n’y a pas de roues. Nous avons tous regardé avec horreur ce qui arrivait. Nous avons vu cet homme mourir, écrasé entre le béton de la piste et le ventre du bombardier. » p.169

Les maîtres de l'air quatrième de couverture
Les maîtres de l’air quatrième de couverture

« Seuls trente-trois des 178 Liberator [B-24] qui avaient été envoyés à Ploesti revinrent et furent en état de voler le lendemain. » p.257

« Certains bombardiers atterrissaient avec deux ou trois cents trous dans leur carlingue, et des hommes en plus mauvais état que leur avion : des bras et genoux arrachés, des yeux sortis de leur orbite, des poitrines ouvertes si larges que les médecins aériens pouvaient voir les poumons des morts » p.418

« La première semaine de juillet, 434 000 juifs hongrois avaient été envoyés à Auschwitz et près de 90% d’entre eux avaient été assassinés. » p.424

« Le 1er janvier, tandis que les Américains se battaient toujours dans des conditions arctiques dans les Ardennes, la BBC annonça que l’Armée rouge, installée sur les rives de la Vistule, se préparait à avancer. Près de quatre millions d’hommes et dix mille tanks formaient un front qui s’étendait de la mer Baltique jusqu’aux Balkans. » p.532

« L’ordre insensé de Hitler de combattre jusqu’au bout allait faire s’abattre sur l’Allemagne un véritable déluge de destruction dans les derniers mois de la guerre. La décision du gouvernement japonais de continuer à se battre après la chute des Philippines début 1945 allait rendre la fin de la guerre encore plus terrible pour la population de ses villes de papier et de bois, très vulnérables aux incendies. » p.535

« Même si le [Messerschmitt Me 262] avait malgré tout réussi à faire durer la guerre jusqu’à la fin de l’été 1945, c’est l’Allemagne, et non le Japon, qui aurait probablement été la cible des premières bombes atomiques, armes développées au départ par des équipes scientifiques, où les juifs étaient majoritaires, pour frapper les nazis. « Si les Allemands n’avaient pas capitulé, j’aurais apporté la bombe par ici, déclara après la guerre l’ancien pilote de la 8e Air Force Paul Tibbets, le commandant d’Enola Gay. […] Mes instructions étaient de créer une force de bombardement d’élite, […] et il était entendu que, une fois entraînée, elle serait divisée en deux groupes : un envoyé en Europe, et l’autre dans le Pacifique. Le Japon n’était pas la cible prioritaire. Tous nos plans initiaux prévoyaient que nous larguerions les bombes presque simultanément sur l’Allemagne et le Japon ». » p.588

« Aucun débarquement n’aurait été possible en 1944 sans les souffrances et les sacrifices de l’Armée rouge et de la population russe sur le front de l’Est de l’Allemagne, où moururent plus de citoyens et de soldats que sur tous les autres fronts de la guerre réunis. » p.606

Bonne lecture.

Titre : Les maîtres de l’air : L’histoire des jeunes bombardiers qui risquèrent leur vie contre l’Allemagne nazie. ©2015 pour la traduction française

Titre original : Masters of the Air : America’s Bomber Boys Who Fought the Air War Against Nazi Germany. ©2006

Auteur : Donald L. Miller

Éditions : Michel Lafon

ISBN : 978-2-7499-2602-5

Photographie, aviation et simulation de vol