
Dans son livre « L’heure des prédateurs », Giuliano Da Empoli écrit : « Trois mois avant l’invasion de l’Ukraine, Sourkov, limogé par Poutine quelque temps auparavant, publiait un article dans lequel tout était déjà dit. Toute société, écrivait-il alors, est soumise à la loi physique de l’entropie. Aussi stable soit-elle, en l’absence d’intervention extérieure, elle finit par produire le chaos en son intérieur. Jusqu’à un certain point, il est possible de le gérer, mais la seule façon de résoudre définitivement le problème est de l’exporter. Selon Sourkov, les grands empires de l’histoire se régénèrent en déplaçant le chaos qu’ils produisent hors de leurs frontières. C’est le cas des Romains dans l’Antiquité, c’est le cas — selon l’auteur — des Américains au XXe siècle. Et celui de la Russie, “pour laquelle l’expansion constante n’est pas seulement une idée, mais la véritable raison existentielle de notre histoire”. »
Et quand l’exportation du chaos ne réussit pas à ramener la stabilité dans le pays, c’est le dirigeant de l’État qu’on envoie à la retraite, d’une façon ou d’une autre. L’auteur ajoute : « Lorsque le chaos dépasse un certain stade, le seul moyen de rétablir l’ordre est d’identifier un bouc émissaire. Et le chef, quel qu’il soit, est toujours un bouc émissaire en attente. Tolstoï le compare à “un bélier engraissé pour l’abattoir”. »
Cliquez sur le lien pour d’autres articles sur la géopolitique dans mon blogue.



















