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Roman graphique et bandes dessinées

Histoire de la Russie : le roman graphique Tsar Bomba

Le roman graphique « Tsar Bomba » raconte, à travers le témoignage d’Andreï Sakharov, la concurrence entre les grandes puissances pour créer l’arme atomique la plus dévastatrice.

L’auteur Fabien Grolleau affirme qu’il ne désire pas faire de propagande avec son livre et je dois dire que je suis assez d’accord. Bien que le bouquin porte essentiellement sur les essais nucléaires de l’URSS, on y puise aussi des informations sur la France et les États-Unis.

Quand on raconte les différentes histoires vécues tout au long du développement de « Tsar Bomba », on doit au moins placer le lecteur dans le contexte du moment en URSS. On a alors affaire à un régime totalitaire qui élimine ses propres citoyens, même si ces derniers n’ont rien fait de répréhensible. J’ai pu constater le résultat des purges staliniennes dans le bouquin « Les alpinistes de Staline ».

Le roman graphique Tsar Bomba
Le roman graphique Tsar Bomba

Les scientifiques soviétiques travaillent dans ce qui est convenu d’appeler « l’Installation ». Ils ne savent pas exactement où cela se trouve, à cause du secret militaire. Ils ignorent également la durée de leur transfert dans ces laboratoires axés sur la recherche nucléaire. Et il est évident qu’avec le contexte de l’époque, aucun savant n’ose critiquer ouvertement le Kremlin. Mais Sakharov fait exception.

Réalisant la portée de ses recherches, Andreï Sakharov en vient à « dénoncer les crimes de Staline, les dangers de la guerre thermonucléaire, les périls écologiques en cours ou à venir et surtout le manque de démocratie dans son pays ! Du jamais vu en Union soviétique ». Il entre désormais en dissidence.

Ci-dessous se trouve un graphique montrant la différence d’intensité entre une bombe atomique créée en 1945 et la Tsar Bomba de 1961.

Comparaison de la force des bombes nucléaires
Comparaison de la force des bombes nucléaires

L’alliance Allemagne-Japon lors de la Seconde Guerre mondiale bouleverse les rapports de force et pousse les États-Unis à inventer une arme impensable pour mettre fin aux hostilités. L’ère nucléaire commence avec le Projet Manhattan et Hiroshima.

Les grandes puissances constatent l’effet dévastateur de l’arme atomique et se lancent dans une course aux armements pour instaurer une politique de dissuasion nucléaire. Pas question qu’un seul pays possède la bombe ! L’humanité doit désormais se conforter avec l’idée que l’équilibre de la terreur maintient la paix.

L’auteur souligne la conséquence des radiations sur les habitants des régions entourant les essais nucléaires. Que ce soit à la suite de vents qui tournent, de réaction nucléaire plus forte que calculée ou par manque de transparence envers les villageois, beaucoup de citoyens décèdent des suites de ces essais supposément « contrôlés ». La sécurité nationale et la souveraineté territoriale l’emportent sur toute autre considération.

Sur une note personnelle

Une nouvelle course accapare maintenant toutes les énergies des chercheurs des grandes puissances : l’intelligence artificielle. On parle d’utilisation éthique de ces progrès technologiques, mais il s’agit davantage de poudre aux yeux qu’autre chose.

Tout ce qui compte désormais pour une grande puissance est de s’assurer qu’elle est en avance sur les autres. Un article de l’édition Janvier/Février de la revue Foreign Affairs mentionnait que le pays qui détiendra une avance réelle sur ses concurrents face à l’intelligence artificielle contrôlera le monde. Dans ce contexte, je ne crois pas qu’une grande puissance acceptera de se limiter et de ralentir ses recherches à cause d’une question éthique.

En guise de conclusion, une citation d’Albert Einstein que l’on retrouve dans le roman graphique: « Je ne sais pas comment on fera la troisième guerre mondiale, mais je sais comment on fera la quatrième : avec des bâtons et des pierres ».

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Titre : Tsar Bomba

Auteurs : Fabien Grolleau et Cyril Elophe

Éditions Glénat, 2025

ISBN : 978-2-344-05319-5/001

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Roman graphique et bandes dessinées

Bande dessinée WWII: Les derniers corsaires.

Bande dessinée "Les derniers corsaires"
Bande dessinée « Les derniers corsaires »

La bande dessinée québécoise « Les derniers corsaires » raconte ce qui semble être des histoires vécues, bien qu’il me soit difficile de vérifier chaque détail de la BD. Il y a possiblement aussi quelques inventions de la part des auteurs.

Les événements auraient eu lieu au cours de la Seconde Guerre mondiale à bord de différents sous-marins britanniques, dont le Thorn. Leurs officiers apprennent sur le tas et évitent parfois de justesse des erreurs capitales.

Par exemple, le lieutenant Woolf de la Royal Navy souhaite en découdre rapidement avec les Allemands, malgré son inexpérience relative et ses stratégies déficientes. Son désir d’accumuler des trophées de chasse et d’obtenir ainsi le grade de capitaine met en danger le submersible. Dans une bataille navale, l’empressement est bien mauvais conseiller.

Cet officier se rachète de belle façon au fur et à mesure qu’il apprend à utiliser tous les outils à sa disposition pour améliorer sa gestion du risque et prendre des décisions brillantes et courageuses. Des marins qui hésitaient auparavant à le suivre le soutiennent maintenant jusqu’à la mort si nécessaire.

Le récit surprend par son intensité et la somme d’informations qu’il comporte. On perçoit mieux certaines des qualités et connaissances requises pour gagner un avantage sur un adversaire tout en évitant des erreurs coûteuses. La BD se lit d’un trait. On veut tout savoir, même si ce n’est évidemment pas possible.

La teneur de la correspondance entre le capitaine Woolf et son frère constitue la conclusion coup de poing de cette bande dessinée. En effet, au cours de leurs recherches pour étoffer le contenu de la bande dessinée, les auteurs découvrent un site web (www.walterwoolf.letters.org) étonnant duquel on interdira l’accès trois jours plus tard. La correspondance téléchargée dans ce court laps de temps révèle des informations surprenantes.

Ainsi, au moment où la guerre est sur le point de se terminer en faveur des Alliés, les SS basés dans l’Atlantique Nord entendent déclencher une guerre bactériologique. Ils acheminent le bacille de Hagen (possiblement Hansen) vers la France par transport maritime sur le voilier Göteborg.

Bien que la mission échoue et que le bacille ne se rend pas à destination, sa découverte sur le voilier pose plusieurs questions qui ne sont pas élucidées. L’équipage a pris la route vers un point désolé du Groenland pour attendre le verdict de la nature. Est-ce que ceux qui ont découvert le bacille ont été contaminés ? Où l’équipage au complet est-il disparu ?

Les auteurs écrivent : « Le Danemark a déclaré en 2001, et jusqu’en 2009, zone d’exclusion militaire une partie de la côte ouest et de l’arrière-pays groenlandais. On peut présumer que des recherches intensives s’y déroulent. »

Il s’agit d’une bande dessinée bien montée qui ne laissera personne indifférent.

Titre : Les derniers corsaires

Auteurs : Jocelyn Houde et Marc Richard

Éditions : La Pastèque, 2012

ISBN : 978-2-923841-14-4

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Roman graphique et bandes dessinées

Salvator Mundi : un tableau douteux payé 450 millions $.

Bande dessinée "Salvator Mundi: la folle histoire du tableau le plus cher du monde"
Bande dessinée « Salvator Mundi: la folle histoire du tableau le plus cher du monde »

La bande dessinée « Salvator Mundi : la folle histoire du tableau le plus cher du monde » raconte comment une peinture achetée initialement 1500 $ est retouchée et revendue 450 millions $.

On sait que les tableaux renommés attirent une faune argentée et discrète. Ce que l’on connaît moins cependant, c’est la façon dont on mousse l’intérêt pour une œuvre.

Un amateur découvre une toile qui semble prometteuse. Il la fait retoucher par une professionnelle de l’art. Il ne veut pas de photos de l’évolution du travail. On doit rapidement ancrer dans la tête des gens qu’il s’agit d’une œuvre du célèbre maître italien Leonard de Vinci.

Le désir des gens les plus fortunés d’obtenir un rare tableau de Leonard de Vinci l’emporte sur le raisonnement critique. L’empressement est un bien mauvais conseiller, surtout dans le domaine trouble de l’art. Chaque revendeur trouve son compte à ne pas dévoiler les détails qui pourraient nuire à une transaction intéressante.

L’œuvre achetée 1500 $ il y a quelques années est revendue à l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev pour des dizaines de millions de dollars. Le tableau devient le terrain de jeu d’experts aux intérêts divergents. Le nouveau propriétaire se défait de sa récente acquisition lorsqu’il constate que des doutes persistent sur l’authenticité de l’auteur.

Christie’s obtient le contrat de mettre le tableau aux enchères. La célèbre maison expose le tableau dans une catégorie qui surprend les professionnels de l’art, éloigne les fins connaisseurs et incite à l’achat émotif.      

Les prix s’envolent grâce à une bataille entre deux acheteurs têtus. MBS (Mohammed Ben Salmane de l’Arabie Saoudite) remporte la mise pour 400 millions $ plus les frais. Une belle affaire, mais dont le propriétaire réalise un peu tard qu’il a très possiblement acheté une toile d’un élève de Da Vinci.

Il faut de toute urgence « purifier » cet achat. Suivent les magouilles, les pressions politiques sur le président Macron, la menace d’annulation de contrats d’armements en provenance de la France, la tentative d’utiliser la réputation du Louvre pour « certifier » un tableau dont on doute de plus en plus qu’il soit de la main de Leonard.

Je ne vous raconte pas comment le récit se termine. J’ajoute seulement que la présentation graphique et le scénario conservent l’attention du lecteur tout au long du récit. Cette histoire vécue constitue une leçon pour tous les amateurs d’art, fortunés ou non.

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Titre : Salvator Mundi : la folle histoire du tableau le plus cher du monde.

Auteurs : Éric Laberge, Antoine Vitkine, Sébastien Borgeaud

Éditions : Futuropolis

© 2025

ISBN : 978-2-7548-3405-6

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Le superbe et nouveau roman graphique de Guy Delisle.

Le nouveau roman graphique "Pour une fraction de seconde" de Guy Delisle
Le nouveau roman graphique « Pour une fraction de seconde » de Guy Delisle

Guy Delisle frappe fort avec son nouveau roman graphique « Pour une fraction de seconde — La vie mouvementée d’Eadweard Muybridge ». Il nous présente un personnage haut en couleur, célèbre pour avoir fait progresser la photographie à pas de géant en étudiant les animaux en mouvement. À partir de ces innovations va également se développer le cinéma.

Les dessins et le scénario de Guy Delisle fonctionnent à merveille. Cette fois, l’enseignement de l’histoire prend le dessus, mais sans jamais ennuyer le lecteur, au contraire. Un sujet qui aurait pu se révéler aride devient amusant et plein de surprises. On a donc affaire à un livre un peu plus sérieux que ce que l’auteur nous offre habituellement, mais le tout servi sous une forme décontractée et fort bien proposée.

Lorsque quelqu’un se démarque de façon étonnante dans un domaine, on entend souvent l’expression : « Il est né pour faire cela ». Ce n’est certainement pas le cas de Muybridge. Et pourtant, il réussit là où plusieurs échouent ou n’auraient pas eu la ténacité et le caractère pour affronter l’adversité.

L’itinéraire de Muybridge

Avant d’atteindre la renommée pour ses succès en photographie, le personnage principal emprunte de multiples chemins dont certains semblent contradictoires. Il est d’abord libraire, entrepreneur, expérimentateur, inventeur de génie, assassin, homme d’affaires, écrivain et conférencier. Il se fait également voyageur international pour faire avancer ses projets. On le retrouve alors en Angleterre, aux États-Unis, en France, en Allemagne et en Italie.

Une page du roman graphique de Guy Delisle "Pour une fraction de seconde"
Une page du roman graphique de Guy Delisle « Pour une fraction de seconde »

La réputation de Guy Delisle comme bédéiste au Québec et en France lui permet de choisir un sujet qui le passionne en sachant que le public le suivra. Il y a tout un travail de recherche derrière son nouveau livre. En un sens, il nous rend service, car nous apprenons un pan de l’histoire tout en nous divertissant.

Vous rencontrerez au passage des personnalités comme Tesla, Edison, les frères Lumière et découvrirez qui était la personne derrière le nom « Stanford » de la fameuse université américaine.

Bonne lecture !

Titre : Pour une fraction de seconde — La vie mouvementée d’Eadweard Muybridge

Auteur : Guy Delisle

Éditions : © 2024 Éditions Delcourt

ISBN : 978-2-413-08585-0

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Elon Musk : enquête sur un nouveau maître du monde.

Roman graphique Elon Musk par Darryl Cunningham, éditions Delcourt/Ancrages.
Roman graphique Elon Musk par Darryl Cunningham, éditions Delcourt/Ancrages.

La famille Musk

J’aime bien les histoires vécues et en particulier les enquêtes qui étudient le comportement humain. En lisant ce roman graphique sur Elon Musk, on réalise le haut niveau d’initiative du personnage et son appréciation du risque élevé dans toute entreprise. Cette qualité est également présente dans la généalogie familiale, en commençant par le grand-père. Cette famille agit toutefois clairement sans se préoccuper des normes sociales.

Ce qu’Elon désire surtout est d’orienter son talent et sa créativité pour avoir une influence sur la marche du monde, spécialement en ce qui concerne internet, les énergies renouvelables et l’espace. Le roman graphique, en plus de mentionner les succès de Musk, souligne cependant les zones d’ombre trop souvent occultées.

Spacex  

Considérant que l’humanité colonisera l’espace un jour, Elon Musk cherche à acheter une fusée, mais elles sont toutes trop chères. Une équipe de scientifiques de Spacex invente donc une fusée nommée Falcon 1, que la société réussit à mettre en orbite après six ans de travail. En 2011, Spacex construit la première fusée réutilisable au monde. Un an plus tard, la Falcon 9 équipée d’une capsule Dragon ravitaille la station spatiale internationale (SSI). Devant ce succès, le gouvernement réinjecte un autre 440 millions $ dans Spacex pour du développement. J’écris « un autre 440 millions $ » car ce n’est pas le premier investissement de l’État dans cette société.

Sociétés sauvées de justesse

À la lecture du livre, on réalise combien de fois les sociétés de Musk ont frôlé la catastrophe, mais ont été sauvées de justesse par la persévérance, beaucoup de chance, des relations gouvernementales au plus haut niveau et de belles promesses.

On n’a qu’à penser à Tesla et Spacex, deux entreprises en danger qui furent épargnées de la faillite par l’injection soudaine d’argent public sous la forme d’un contrat de 1,6 milliard de dollars en provenance de la NASA. Le tout précédé et suivi d’importants prêts du gouvernement américain : « Sans le soutien des contribuables américains, la fortune de Musk n’existerait pas ».

Le livre parle également d’une fraude possible alors que l’organisme de sécurité des marchés financiers (SEC) a déposé une plainte pour Tweets trompeurs quant à Tesla. Ces tweets auraient fait grimper l’action de 6 %. Un accord a eu lieu une semaine plus tard entre Musk et la SEC. Sur ce sujet, Musk n’admet ou ne dément pas les allégations. « Musk et Tesla durent payer une amende de 20 millions chacun et Musk dut quitter son poste de président du conseil d’administration de Tesla pour trois ans tout en restant P.-D.G. »

Une page du roman graphique Elon Musk: enquête sur un nouveau maître du monde.
Une page du roman graphique Elon Musk: enquête sur un nouveau maître du monde.

Promesses fantasques ou annonces sans fondement

Musk a du talent quand il s’agit de vanter ses produits. Mais l’auteur spécifie ceci : « Il est indéniable que Musk est déterminé, intraitable et qu’il possède un vrai don pour l’autopromotion. Cela dit, ce n’est pas un inventeur et encore moins un scientifique. »

Le bouquin énumère certaines promesses fantasques tout en soulignant que les médias aident Musk en transmettant des informations qui ne sont pas systématiquement vérifiables ou démontrées. Le résultat est que le lecteur moyen a l’impression qu’Elon Musk a développé Spacex et Tesla tout seul : « La légende du milliardaire “qui-s’est-fait-tout-seul” sera toujours plus séduisante que la banale réalité ».

Comme exemple de promesses fantasques, Musk annonce que toutes les recharges de batterie seront gratuites pour la Tesla Model S. Ce n’est que du vent. Il annonce aussi qu’une Tesla roulera en 2017 de façon autonome entre Los Angeles et New York. Au moment d’écrire ces lignes, il n’y a eu aucune concrétisation d’une telle promesse.

Il fait également d’autres déclarations osées en 2016 alors qu’il fonde Neuralink. Cette compagnie fait l’objet de critiques, car les recherches qu’elle finance sont mal maîtrisées. Elles génèrent de la souffrance animale inutile. En 2024, Elon Musk dévoile que « sa société a réussi l’implantation d’un appareil capable de “lire les pensées” dans le cerveau d’un individu […] ». Il ne fournit aucun détail sur le lieu de l’opération ni sur les résultats.

Musk fait également des annonces sans fondement quant à la vaccination et la virulence de la Covid-19. Alors qu’il déclare que ce virus a un taux de mortalité très bas et qu’il ne se fera pas vacciner, l’OMS annonce en 2023 que la planète en est à plus de trois millions de décès. Il change d’idée et se fait vacciner. Mais quel effet ont eu entretemps ses propos sur les Américains récalcitrants ?

Elon Musk, Twitter et X

« Depuis son rachat par Musk, Twitter (ou plutôt “X”) est un outil de promotion des intérêts, des préjugés et des théories du complot des partis de droite de la classe politique américaine. Ce parti pris a fait déferler sur le site un raz-de-marée de racisme, d’antisémitisme, de climatoscepticisme, de haine envers les LGBTQ+ et d’infox médicales. »

Elon Musk et le long-termisme

Le long-termisme et la colonisation de diverses planètes sont des thèmes chers à Elon Musk. Voici ce que le bouquin en dit : « Le long-termisme est une idéologie extrêmement dangereuse. C’est une religion séculaire bâtie autour de l’adoration de “la valeur à venir” et dont l’éthique vous absout de ne pas vous inquiéter des menaces telles que le changement climatique et la pauvreté mondiale, tout en faisant de vous une bonne personne, car vous vous préoccupez de l’avenir de l’humanité en tant que race ayant conquis d’autres planètes. »

« Personne ne devrait disposer du pouvoir discrétionnaire dont jouit Elon Musk, car il ne l’a pas mérité et il ne le doit pas à lui seul. Il ne comprend pas tout ce que son succès doit aux privilèges et à la chance. Résultat, il se croit bien plus intelligent qu’il ne l’est en réalité ».

Elon Musk et le président américain Donald Trump

Si l’attitude et les décisions qui caractérisent Elon Musk dans l’entrepreneuriat se transposent à l’État, il se pourrait qu’elles nuisent aux aspirations du président américain quant à sa vision de la politique américaine et des actions à prendre face aux défis à venir.

Par exemple, Musk est reconnu pour éviter la confrontation avec le président chinois, car la Chine constitue le deuxième plus grand marché pour Tesla. Mais Trump ne s’est pas gêné dans son premier mandat pour imposer des tarifs douaniers substantiels à la Chine. Musk a aussi « interféré directement dans le combat que mène l’Ukraine face à l’invasion russe ». Les intérêts stratégiques des deux individus pourraient diverger de façon importante à certains moments.

Mais, il faut également considérer que les actions des deux hommes puissent entrer en phase, ce qui signifierait des bouleversements beaucoup plus rapides et plus profonds que prévu.

Une chose est certaine : les solutions apportées aux difficultés américaines par le duo Trump/Musk surprendront les observateurs de la scène politique et économique. La famille Musk ne s’est jamais préoccupée de la poussière qu’elle soulève au moment d’aller de l’avant avec ses idées. Et l’analyse réductrice de Trump quant à la cause des problèmes américains n’aidera en rien à rassurer les différents acteurs nationaux et internationaux. On le constate avec les propos actuels sur le Groënland, le canal de Panama et le Canada.

Les pays visés par leurs initiatives devront s’attendre à tout et user de créativité, de combativité et de sang-froid pour imposer le respect et la mesure.

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Titre : Elon Musk — Enquête sur un nouveau maître du monde.

Auteur : Darryl Cunningham

Édition : Delcourt/Encrages, © 2024

ISBN : 978-2-413-08612-3

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Roman graphique et bandes dessinées

Roman graphique « Deux filles nues ».

Roman graphique "Deux filles nues" de Luz aux éditions Albin Michel.
Roman graphique « Deux filles nues » de Luz aux éditions Albin Michel.

Le peintre allemand Otto Mueller crée la toile « Deux filles nues » en 1919. À travers cette œuvre qui survit à tous les dangers, nous suivons le destin d’une Allemagne en évolution et les différents acquéreurs du tableau au cours des décennies.

L’auteur use de beaucoup d’imagination pour nous présenter la vie du couple Mueller en début de bouquin. Le peintre décède en 1930 et le tableau change une première fois de main trois ans plus tard. À cette époque, l’inflation fait rage en Allemagne et l’insatisfaction de la population mène à la nomination d’Adolf Hitler à la chancellerie par Hindenburg.

Entre 1933 et 1946, le tableau survit miraculeusement à la censure et la destruction des œuvres qualifiées de dégénérées par les nazis. Des milliers d’œuvres d’art moderne allemand sont incendiées par les autorités.

Les pogroms se multiplient à travers l’Allemagne. On saisit les tableaux de propriété juive. Lorsque la Gestapo impose la mise aux enchères d’une partie de la collection d’Ismar Littmann, (lien allemand, lien anglais) elle sélectionne 64 œuvres dont 53 sont immédiatement brûlées.

Durant la même période, une exposition itinérante intitulée « Entartete Kunst » (« Art dégénéré ») est commandée par Joseph Goebbels et 730 œuvres voyagent entre Munich et d’autres grandes villes de l’Allemagne. Situation ironique, cet art dégénéré attire en fin de compte trois fois plus de visiteurs que pour le savoir-faire allemand considéré acceptable et dont les œuvres sont présentées dans les bâtiments voisins.

Page du roman graphique "Deux filles nues" par Luz aux éditions Albin Michel.
Page du roman graphique « Deux filles nues » par Luz aux éditions Albin Michel.

Jusqu’en 1946, la peinture « Deux filles nues » change à maintes reprises de possesseur et continue de survivre aux bombardements, à la destruction organisée et aux vols d’œuvres d’art opérés par les nazis.

Après la guerre, on modifie le nom du tableau. Il passe de Zwei Mädchenakte (« Deux filles nues ») à Zwei weibliche Halbakte (« Deux demi-nus féminins ») et effectue le tour de l’Allemagne et du monde. En 1976, il est exposé au musée Ludwig de Cologne. Les anciens propriétaires Ruth et Chaim Haller sont finalement réunifiés avec leur tableau en 1999. Ruth est la fille d’Ismar Littmann dont il est question en début d’article.

Le musée restitue officiellement l’œuvre aux propriétaires, mais, dans la même année, fait une offre de rachat qui est acceptée par les Haller. On retrouve aujourd’hui le tableau exposé dans la section expressionniste du musée Ludwig de Cologne.

À travers sa recherche considérable et la publication de son roman graphique, l’auteur souligne l’importance de demeurer alerte face aux censures politiques et culturelles qui ressurgissent régulièrement.

À la fin du livre se trouve la chronologie des événements de même que les biographies des acteurs principaux. L’auteur cherche toutes les manières pour ne pas nous montrer de quoi à l’air le tableau « Deux filles nues » jusqu’à ce que l’on soit rendu pratiquement à la fin du récit ! Une façon très habile de conserver notre curiosité.

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Titre : Deux filles nues

Auteur : LUZ

Édition : Albin Michel, © 2024

ISBN : 978-2-226-48957-9

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Roman graphique et bandes dessinées

La fortune de Poutine.

Roman graphique: La fortune de Poutine.
Roman graphique: La fortune de Poutine.

Ce roman graphique relate des événements entourant la montée au pouvoir de Vladimir Poutine et l’établissement de sa fortune personnelle. Cette dernière se bâtit à travers l’exfiltration de sommes colossales appartenant au peuple russe et qui sont redirigées vers des sociétés-écrans et des paradis fiscaux.

Étant donné que le récit s’étale sur plusieurs décennies, le lecteur se familiarise avec une multitude de noms de compagnies et de personnages clés dans le domaine politique et économique.

On y trouve également, comme pour d’autres grandes puissances, des règlements de compte politique et des magouilles économiques.

La structure de fonctionnement du pouvoir en Russie diverge du système politique occidental. Les relations tissées avec le président y jouent un rôle beaucoup plus important qu’à l’Ouest. Les avantages sont accordés en échange d’une fidélité indéfectible. On mentionne entre autres les liens entre Silvio Berlusconi et Poutine.

L’échelle des sorties d’argent de la Russie à des fins discrètes surprend. Pour ne citer qu’un exemple, l’auteur note la création de l’opération Luch (une fuite de capitaux estimée à 50 milliards de dollars) en 1990 pour parer aux changements provoqués par Gorbatchev. Il s’agissait de piger dans les fonds secrets du KGB à l’étranger pour enrichir une caisse pouvant servir à assurer la survie du parti et d’autres intérêts particuliers.

« Depuis que Poutine est arrivé au pouvoir, le montant global d’argent sale sorti de Russie et blanchi par les banques de l’Ouest a été au minimum de 1 000 000 000 $ (mille milliards de dollars) ! ».

L’Occident n’a donc pas les mains propres face à ce qui se passe en Russie. Quand il y a de l’argent rapide à faire et que des actionnaires s’attendent à un bilan déraisonnable, la vertu s’efface devant le sens pratique. Parmi les complicités européennes : Danske Bank, SEB et Swedbank, Crédit Suisse, Banca Intesa, Deutsche Bank Russia, Appleby-Estera (cabinet de services offshore), Chypre (cabinets de services financiers), Price Waterhouse Coopers.

Le lecteur constate également l’accumulation des suicides de responsables de tout acabit au cours des années. Par exemple, l’auteur note les suicides déguisés de Nikolai Kruchina, Georgy Pavlov et Dimitri Lissovolik. Ces hommes à l’équilibre précaire avaient tous la fâcheuse habitude de prendre l’air sur un balcon trop élevé pour leur capacité. Le KGB doutait de la fiabilité de ces hommes qui géraient les fonds secrets du parti à l’Ouest.

L’empoisonnement (par le poison Novitchok) est aussi une méthode privilégiée pour aplanir les différends politiques. Mais cet état de fait est déjà connu des Occidentaux, car la plupart des opérations manquées ou réussies font l’objet de nombreux articles dans les médias. Par exemple, cela a été le cas pour Navalny et Skripal. Pour Iouchtchenko, le gagnant des élections présidentielles en Ukraine, un autre poison fût utilisé, mais la source n’a pu être confirmée.

Sous Poutine, les oligarques peuvent conserver les fortunes acquises à travers les nombreuses privatisations, mais il n’est plus question pour eux de s’immiscer dans les affaires politiques. Le bouquin s’attarde aussi sur la détérioration du rapport entre Poutine et des oligarques comme Berezovski (retrouvé pendu dans sa salle de bain à Londres) et Khodorkovski.

Si un dévoué collaborateur change de camp, il peut, dans le meilleur des cas, survivre en quittant le pays et en demeurant apolitique. Autrement, son avion peut exploser en vol, comme pour Prigojine.

Le bouquin montre comment Ivan Rybkyn, un opposant politique de Poutine en 2004, s’est désisté suite à une promenade improvisée en fourgonnette. Il semblerait qu’il ait été saisi et rentré de force dans le véhicule. Cette expérience et les discussions probables qui ont eu lieu durant la balade ont suffi à convaincre le candidat qu’il n’avait pas vraiment le feu sacré pour la politique.

Page du roman graphique "La fortune de Poutine".
Page du roman graphique « La fortune de Poutine ».

Dans les années 90, le clan mafieux Tambov protège Poutine et Sobchak et participe à la gestion du port de Saint-Pétersbourg. Cela n’empêche pas un « accident » de la route impliquant les filles et la conjointe de Vladimir Poutine. Ceux qui sont insatisfaits de leur part du gâteau font monter les enchères et Poutine doit réunir les familles pour qu’elles s’arrangent entre elles. Pragmatique, il envoie tout de même ses filles en Allemagne pour leur sécurité. Le gardien légal est Matthias Warnig, un ancien de la STASI.

L’auteur signale que de l’argent russe a servi à influer sur le résultat du Brexit (51,89 %), ceci dans le but de fragiliser l’Europe. Ensuite, comme nous le savons déjà, la Russie a influencé le résultat du vote dans les états clés des États-Unis pour aider à l’élection de Donald Trump.

Le roman graphique se termine par un dossier documentaire, avec photos, dessins et références pour ceux qui désirent obtenir davantage d’informations.

Et la fortune de Poutine dans tout ça ? Selon les recherches effectuées par les auteurs, elle s’établirait entre 150 et 250 milliards d’euros.

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Titre : La fortune de Poutine

Auteurs : Yvonnick Denoël et Gildas Java

Édition : Nouveau monde graphic, © 2024

ISBN : 978-2-38094-501-0

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Roman graphique et bandes dessinées

Roman graphique : Carcajou.

Le roman graphique "Carcajou".
Le roman graphique « Carcajou ».

Le roman graphique « Carcajou » fait partie des très bons achats que j’ai faits cette année. Les auteurs ont créé une œuvre quasiment parfaite, tant côté scénario que graphisme et couleurs.

Les vastes forêts de l’Alberta, grande province de l’ouest du Canada, servent de cadre au déroulement de cette fable. Le lecteur fait la connaissance de nombreux personnages hauts en couleur qui tentent de tirer leur épingle du jeu dans un environnement sauvage. Tous ne possèdent pas les qualités requises pour faire honneur à leur fonction, mais c’est là la réalité de la vie dans les bleds perdus en développement.

En 1895, l’Alberta attire chercheurs d’or et hommes d’affaires intéressés par l’exploitation pétrolière. Certains territoires sont acquis de façon plus ou moins éthique et les autochtones perdent au change. Cependant, leurs croyances ancestrales persistent malgré les injustices et les rapports de force inégaux.

Les auteurs abordent plusieurs thèmes significatifs dans le développement de l’histoire du Canada : le manque de respect face aux Premières Nations, les effets néfastes de l’alcool dans les régions éloignées, le courage et la ténacité nécessaires aux femmes pour imposer le respect, la violence causée par les armes à feu, une police qui parfois navigue dans la criminalité.

Tous ces aspects développés par des auteurs moins talentueux produiraient une trame négative. Le génie des auteurs est d’avoir élaboré le récit de façon très dynamique tout en passant des messages essentiels. Il n’y a pas vraiment de pause dans l’action. L’intrigue tient le lecteur en alerte jusqu’à la fin.

J’ai adoré les personnages et la trame intelligente de « Carcajou » et recommande cette œuvre superbe aux amateurs de romans graphiques.

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Titre : Carcajou

Auteurs : Eldiablo et Djilian Deroche

Éditions : Sarbacane, 2024

ISBN : 978-2-377-31792-9

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Roman graphique et bandes dessinées

Roman graphique : Le murmure de la mer.

Le roman graphique "Le murmure de la mer", par Hippolyte.
Le roman graphique « Le murmure de la mer », par Hippolyte.

Le roman graphique « Le murmure de la mer » se veut un hommage au travail de l’équipage de l’Ocean Viking, ce navire de sauvetage du groupe SOS Méditerranée. Sa mission consiste à secourir les migrants quittant le nord de l’Afrique, particulièrement l’enfer libyen.

Ces derniers se retrouvent en surnombre sur des embarcations de fortune et dérivent pendant des jours au milieu d’une mer Méditerranée   parfois déchaînée. Souvent, les radeaux frôlent les plateformes pétrolières libyennes. De jour comme de nuit, les garde-côtes poursuivent les migrants et les ramènent en Lybie de brutale façon.

Après que sa première tentative de participer à un sauvetage ait été bloquée, l’auteur monte à bord de l’Ocean Viking en 2020 comme journaliste, dessinateur et membre d’équipage. Il participe directement aux opérations de récupération et relate son expérience à travers de très beaux croquis et de touchantes photos.

Le lecteur constate la très grande discipline et les préparatifs requis pour effectuer des sauvetages de façon ordonnée et sécuritaire pour tous. La sentimentalité n’a pas sa place quand on procède à la récupération de migrants en crise. Toute procédure non respectée peut engendrer des décès supplémentaires, incluant ceux des membres d’équipage.

Page du roman graphique "Le murmure de la mer".
Page du roman graphique « Le murmure de la mer ».

Nous témoignons des succès et des échecs de l’équipage dans ses tentatives de rescaper le plus de gens possible. Les marins de l’Ocean Viking font face à des blocages administratifs de l’Italie qui cherche à limiter l’arrivée considérable de réfugiés.

Parmi ces tentatives de nuire aux interventions de secours, on note en premier l’obligation du navire de rester à quai pendant de longues périodes pour les raisons les plus diverses.

Vient ensuite l’obligation de transférer les nouveaux migrants dans des ports éloignés de la position du Ocean Viking. Ces ports sont volontairement choisis par le gouvernement italien pour engendrer des frais de carburant et des délais importants entre chaque opération de secours. Ces tracasseries empêchent le sauvetage de milliers de réfugiés.

On doit cependant se questionner sur la participation des autres États au moment d’admettre les migrants. Est-ce l’affaire seulement de l’Italie ? L’infortune des habitants de pays défavorisés à cause d’une dictature impitoyable, des changements climatiques ou de la pauvreté accélérée par le pillage des richesses demeure la responsabilité de tous.

Une fois les réfugiés sur le bateau, l’équipage doit encore s’activer à les sécuriser, les soigner, les préparer pour un transfert vers leur prochaine terre d’accueil. On connaît tous l’histoire de ces navires qui ont récupéré des centaines d’Africains en difficulté et qui demeurent immobilisés pendant des semaines en attendant une autorisation pour transférer les rescapés sur un nouveau territoire. Pourtant, le droit de la mer est clair : tout capitaine de vaisseau qui apprend que des êtres humains sont en péril sur un plan d’eau doit porter assistance.

Bref, une lecture passionnante et informative qui augmente notre connaissance des défis que doivent relever les équipages qui décident de porter secours aux personnes en danger sur la mer Méditerranée.

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Titre : Le murmure de la mer

Auteur : Hippolyte

Éditions : Les Arènes, Paris, 2024.

ISBN: 979-10-375-1156-0

Catégories
Roman graphique et bandes dessinées

Roman graphique : « Sept vies à vivre ».

Le roman graphique "Sept vies à vivre".
Le roman graphique « Sept vies à vivre ».

J’ai longtemps hésité à me procurer ce roman graphique qui ne se trouvait que dans une des sept librairies que je côtoie régulièrement. À l’heure où les couvertures sont souvent tapageuses et où les thèmes abordés accrochent l’attention du potentiel client, je me retrouvais face à ce livre tranquille prétendant nous parler des sept vies d’un parfait inconnu. Que faire ?

En fin de compte, je me suis décidé à l’acquérir et je l’ai trouvé tellement intéressant que je l’ai lu d’une traite. Une très belle surprise, quoique j’aurais dû me douter que la qualité serait au rendez-vous en voyant le nom de l’auteur, Charles Masson. J’avais auparavant lu un autre roman graphique très intéressant de cet auteur. Le bouquin s’intitulait « Droit du sol » et portait sur les difficultés vécues par les autochtones qui doivent composer avec le colonialisme.

Une page du roman graphique "Sept vies à vivre".
Une page du roman graphique « Sept vies à vivre ».

« Sept vies à vivre » raconte de façon très intelligente et humaine la vie d’un homme ordinaire nommé René. Oubliez les ordinateurs et les réseaux sociaux. Le lecteur retrouve René et sa famille il y a plusieurs décennies dans le massif des Bauges alors qu’il y passe son enfance et adolescence dans l’absence de confort et de luxe. Les habitants triment dur pour survivre dans ce coin de pays.

René a perdu sept frères et sœurs alors qu’ils étaient en bas âge et il est bien déterminé à vivre pleinement. Il descend dans la vallée pour changer son existence. Les sept vies de René, ce sont les sept grands moments qui viennent modifier le destin de cet homme. Comme beaucoup d’entre nous, les événements le bousculent. Dans son cas, ce sont la Seconde Guerre mondiale, l’entraînement militaire obligatoire de 1946 en France, les rencontres fortuites, et j’en passe. Comment s’adapter et conserver son humanité à travers les surprises que réserve l’existence ?

Le scénario est solide et le graphisme intéressant. Il n’y a pas de temps mort, ce qui est tout de même à souligner pour un récit de 225 pages. Une belle trouvaille à rajouter dans votre bibliothèque.

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Titre : Sept vies à vivre

Auteur : Charles Masson

Éditions : Delcourt/Mirages

© 2024

ISBN : 9 782 413 077 060