Scène de Québec et du Château Frontenac la nuit. Photo par François Ouellet
Photographier de nuit une attraction touristique comme le Château Frontenac, avec toutes ses lumières, représente un bon défi, autant pour l’appareil-photo Canon 5 DSr que pour le photographe. Voici quelques conseils photographiques pour pouvoir profiter au mieux de l’expérience :
Pour un effet spécial, autant y aller à fond et capturer le château en incluant tous les éclairages des bâtiments situés près du quartier Petit-Champlain.
La composition photographique correspond à la règle des tiers. Il n’est vraiment pas obligatoire de toujours respecter les notions théoriques, mais cette fois-ci, le tout fonctionne bien.
L’observateur aperçoit en premier les bâtiments les plus illuminés. Il détecte ensuite le château sur le cap.
Le contraste est volontaire. Le château n’est pas représenté dans toute sa splendeur architecturale, mais sous forme de quelques lignes éclairées dans la nuit.
Le spectateur n’a plus besoin de voir toutes les formes du château pour le reconnaître. C’est le château le plus photographié au monde. Le cerveau analyse rapidement les aspects visibles et complète le bâtiment en une fraction de seconde.
Le fait d’être photographié sous cet angle et cette lumière donne un aspect plus mystérieux à cet hôtel qui surplombe les petits édifices.
La technique de photographie HDR résout en partie les problèmes de luminosité. J’ai superposé cinq clichés pour obtenir le résultat final.
Voici une scène de Québec, plus précisément du Vieux-Québec, captée en automne. J’utilise rarement le format carré pour présenter une photo, mais cette fois-ci il convenait parfaitement à la composition photographique. Le traitement numérique de la photo a permis d’améliorer l’effet des nuages et de diminuer l’impact du soleil couchant à l’ouest.
L’ancien et le moderne se croisent dans cette photo du Vieux-Québec. À droite, le siège du groupe Norplex, promoteur immobilier. Il s’agit de l’ancien édifice de la Banque canadienne de commerce, bâtiment conçu en 1914 par l’architecte V. D. Horsburgh. La forme arrondie rappelle le Tivoli de la Banque d’Angleterre.
Au premier plan, la sculpture-fontaine La Vivrière, une réalisation plus moderne et inaugurée en 1995 sur la Place de la FAO pour souligner le cinquantième anniversaire de la fondation de la FAO à Québec en 1945, sous l’égide de Lester B. Pearson.
Au niveau de la composition photographique, les vagues sculptées au premier plan dirigent progressivement l’œil du spectateur vers le bâtiment principal en haut à droite de la photo. Les colonnes arrondies ne sont droites que grâce à l’utilisation de l’objectif ultra grand-angulaire Canon EF 11-24mm F/4L.
Soirée tranquille dans le Vieux-Québec durant l’été 2024.
Des projecteurs rotatifs créent des ombres mouvantes dont bénéficie le couple assis au premier plan.
Bâtiments du Vieux-Québec vus à partir de la Côte de la Montagne, 2024.
Ci-dessus, une photo HDR de bâtiments du Vieux-Québec et qui est composée de cinq clichés. Au premier plan, une muraille se trouve à l’intersection des rues Port Dauphin et Côte-de-la-Montagne. Au moyen plan, on observe les commerces et bâtiments de la rue De Buade. En arrière-plan, l’édifice Price, le seul gratte-ciel permis dans le Vieux-Québec.
Pour cette photo de la rue Dauphine dans le Vieux-Québec, j’ai choisi une période où tout change rapidement. L’heure bleue permet de distinguer encore les détails les plus significatifs. L’hiver arrive très bientôt et les averses pluie, momentanément arrêtées, tentent d’effacer la neige qui persiste désormais au sol en ce début de décembre.
La pluie fraîchement tombée permet de refléter la lumière des lampadaires de la rue Dauphine et des fenêtres de l’ancienne église qui constitue aujourd’hui la Maison de la littérature.
Ce genre de photo ne se prend qu’avec de fréquentes visites dans la vieille ville, à toutes les saisons et sous toutes les conditions météorologiques. L’œil du photographe aperçoit immédiatement, au tournant d’une rue, une scène qui se doit d’être capturée.
Navire de croisière et Château Frontenac en automne 2024
Ci-dessus, une photo du Château Frontenac en automne avec un navire de croisière venant d’accoster au port de Québec. La photo a été prise à partir de l’île d’Orléans. On reconnaît également au centre de la photo le restaurant tournant de l’hôtel Concorde, le « Ciel! Resto-bar ».
La photo représente le parc des Champs-de-Bataille au début de l’automne, alors que les arbres commencent à changer de couleur. Au loin, on reconnaît à droite le restaurant tournant « Ciel! Bistro-bar » et, à gauche, la tourelle de l’église Saint-Dominique.
La bordure de trottoir du coin inférieur gauche de la photo sert d’invite pour intégrer la scène. La porte couvre le premier tiers droit dans la composition photographique et empêche le spectateur d’aboutir trop rapidement à l’arrière-plan. La forme arrondie de la porte et les vieilles pierres réussissent à occuper presque 50 % du cliché, alors que le reste du cliché montre une artère entière, des montagnes et une portion de ciel.
Pour dynamiser la scène, j’ai attendu qu’une voiture circule sur la rue.
La Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec et l’édifice Price du Vieux-Québec
Datant de 1647, cette Basilique-Cathédrale a été rénovée à plusieurs occasions et comprend une crypte historique ainsi qu’une porte sainte, ce qui attire de nombreux croyants de partout à travers le monde.
Notez que dans ce cliché, le plan rapproché de la tour n’empêche pas d’obtenir des lignes parfaitement verticales, ce qui est habituellement difficile à atteindre en photographie. Cet effet provient de l’utilisation d’un objectif Canon EF 11-24mm F/4L USM ultra grand-angulaire, le seul sur le marché qui permet de tels résultats sans correction et sans que l’effet « fisheye » prenne le dessus.
Basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec dans le Vieux-Québec.
Ci-dessus, la Basilique-cathédrale à partir d’un autre angle de vue.
La pleine lune des moissons monte dans le ciel de Matane en septembre 2024.
Le cliché ci-dessus a été pris à Matane, au Québec, en septembre 2024. Il s’agit davantage d’un hasard que d’une planification. En effet, j’étais sur la plage en train de photographier le coucher de soleil et quand le ciel est devenu trop sombre, je me suis retourné pour voir s’il restait quelque chose d’intéressant à saisir. Et je suis tombé sur cette pleine lune des moissons qui montait dans le firmament.
Photographier une pleine lune représente un bon défi. On ne capture souvent qu’un disque pratiquement blanc très brillant, en perdant les nuances de couleurs et les détails de la géographie lunaire.
Les conseils offerts sur internet pour réussir une séance photo de la pleine lune avec un appareil-photo normal vont dans toutes les directions. Mais une chose est certaine : pour améliorer ses chances de succès, mieux vaut ne pas attendre la nuit noire, car alors la très importante luminosité de l’astre devient impossible à atténuer tout en conservant une vue de la topographie planétaire.
La plupart du temps, on a le choix entre une excellente photo de pleine lune, mais un relief terrestre environnant très noir où l’on ne discerne rien, ou encore un relief terrestre visible et de qualité acceptable, mais une lune qui ne représente qu’un grand cercle lumineux tout blanc.
La méthode qui fonctionne pour la photo ci-dessus est la suivante : on doit être sur place au bon moment, c’est-à-dire durant l’heure bleue et non la nuit complète. Donc, dans mon cas, j’ai été chanceux car cela n’était pas planifié.
Le trépied est nécessaire, de même que le câble de rallonge. Il faut ensuite éviter d’allonger les expositions pour deux raisons : premièrement, la lune est un astre en mouvement. Plus l’exposition est longue et plus le disque se déplace. Vous vous retrouvez avec une lune ovale plutôt que ronde. Une longue exposition engrange également davantage de lumière et le disque de la lune passe au blanc complet.
Pleine lune des moissons dans le ciel de Matane en 2024.
Les compromis deviennent nécessaires. Chercher à obtenir une lune parfaite et un premier plan exactement à la bonne luminosité représente tout un défi. Par le temps que tous les essais ont été tentés pour obtenir un résultat sans faille, la lune est déjà trop haute dans le ciel. Il faut agir rapidement.
On nous conseille de diminuer l’ISO à 200. Si je fais cela, j’augmente le temps d’exposition et introduis trop de lumière dans l’appareil-photo. Je recours plutôt à un ISO plus élevé pour réduire l’exposition et utilise toutes les fonctions de l’appareil-photo susceptibles de diminuer l’entrée de lumière trop forte : une vitesse d’obturation plus élevée, une forte correction négative de l’exposition, etc.
En n’exagérant pas les réglages et en utilisant les fichiers RAW, il reste encore assez de flexibilité pour faire ressortir le premier plan, dans ce cas-ci les maisons bordant les plages de Matane et les luminaires environnants.
En résumé, photographier durant l’heure bleue, agir rapidement, accepter les compromis, limiter le temps d’exposition de toutes les façons possibles et utiliser les fichiers RAW pour faciliter le travail de postproduction.
La photo HDR de la redoute Dauphine ci-dessus comporte sept clichés aux ouvertures différentes. Le logiciel Photomatix les empile les uns par-dessus les autres pour créer un seul cliché. Cela permet de faire ressortir les zones les plus sombres tout en contrôlant le mieux possible les régions trop claires.
Pour un effet réussi, on doit tenir compte des facteurs suivants : type d’appareil-photo (idéalement plein format), usage d’un objectif grand-angle approprié, mise au point, heure, genres de nuages, trépied, câble de rallonge, vibrations du miroir de l’appareil-photo, vent, visibilité, grain photographique, profondeur de champ, obstacles mouvants devant l’objectif de la caméra et composition photographique.
J’emploie un Canon 5 DSr muni d’un objectif super grand-angulaire Canon EF 11-24 mm F/4L. La mise au point grâce à l’écran rétroéclairé de la caméra améliore la précision. Le choix de l’heure fait en sorte qu’on se soustrait à l’obscurité complète et profite de la fin de l’heure bleue. Les nuages n’empêchent pas la capture d’un arrière-plan éloigné et permettent un reflet des lumières de la ville dans le ciel.
On opte pour un trépied solide. Son poids additionnel annule les petites secousses et supporte un équipement photographique assez lourd. Le câble de rallonge évite de toucher la caméra avec la main au moment de la prise des sept photos.
Pour les appareils munis de miroir comme le Canon 5 DSr, on active le verrouillage de miroir. Ainsi, les vibrations provoquées par la rotation du miroir ont deux secondes pour s’effacer avant que le déclencheur ne saisisse la photo. Un vent faible diminue également les chances de vibrations.
Une visibilité moyenne permet une meilleure graduation des couleurs et des reflets. Ce soir, la brume joue bien son rôle. En utilisant un trépied, je limite fortement le grain photographique. L’ISO se situe donc à 200. La profondeur de champ n’engendre pas de problèmes, car le trépied évitera les mouvements causés par une longue exposition.
Étant donné que de nombreuses personnes visitent l’endroit en soirée, j’essaie de prendre chacune des sept photos entre deux passages de piétons. Ce n’est pas toujours possible, mais Photomatix peut enlever les « fantômes » au moment de la compilation des clichés. Il y a cependant une limite à cette fonction.
Le dernier point concerne la composition photographique. La photo ci-dessus est divisée en trois zones horizontales à peu près égales. Des lignes obliques de chaque côté au bas de la photo dirigent le regard vers le centre de l’image. Les cinq lumières de la redoute Dauphine et celles de la ville captent l’attention. Tous les plans possèdent des détails visibles et ne se perdent pas dans l’obscurité. Pour un meilleur équilibre, le cadrage ne tient pas compte d’un autre bâtiment imposant à la droite de la scène.
Voilà donc les quelques précautions prises au moment de capturer la scène en photographie de nuit HDR.
En photographie, il n’y a pas que la planification qui permet d’obtenir des résultats intéressants. Le facteur chance joue également un rôle important. Mais il faut sortir fréquemment, sous toutes les conditions atmosphériques et de luminosité. La photo ci-dessus en est un bon exemple.
Je me trouve dans une zone du Vieux-Québec boudée par les touristes tard en soirée, car elle est moins bien éclairée. L’endroit se trouve à proximité de la rue St-Jean, artère populaire garnie de nombreux restaurants et autres commerces. Le contraste d’achalandage est saisissant.
Je suis venu dans le secteur pour tenter ma chance avec la photographie HDR. Une fois la session terminée, je m’apprête à rentrer tranquillement chez moi alors que la nuit tombe.
Soudainement, une femme à vélo s’arrête sous un lampadaire. La scène avec ses plantes, ses vieilles briques, son enseigne lumineuse et les jeux d’ombres s’annonce prometteuse. Mais il faut réagir très vite, car avec le peu d’éclairage présent, le moindre mouvement de la personne donnera une photo floue. Heureusement, elle consulte son téléphone cellulaire, ce qui l’immobilise pour quelques secondes.
Pas question de photographie HDR ici. Elle ne sera jamais assez longtemps immobile sous cette faible lumière pour que je puisse effectuer de multiples photos aux ouvertures différentes. Je prends deux clichés rapides. La jeune femme s’active aussitôt et disparaît de la scène. Il n’y a qu’une seule photo de qualité, l’autre montrant un flou trop considérable pour que l’on puisse même savoir qu’il y a une personne sur un vélo.
Cette session photo me démontre encore une fois l’importance de sortir fréquemment pour tenter la chance. En combinaison avec un temps de réaction acceptable et un équipement approprié pour travailler sous une faible lumière, on risque de revenir à la maison avec un cadeau imprévu de la vie.